le crime parfait

crime

– Ce qui rendrait un crime parfait? Tuer sans raison. Ben oui, regarde : dans toutes les histoires de meurtre, il y a un mobile. Amour (le plus con d’entre tous), passion, argent ou religion (au moins ces deux je les comprends un peu mieux). Moi je te dis : le crime parfait, ce serait le crime sans mobile, sans raison !

– Tuer pour rien ? Quelle idée ! Mais maintenant que tu le dis, c’est vrai que tous les crimes ont un motif et que…

– Ben voilà, changeons donc la donne ! Tuons sans motif !

– L’idée est intéressante mais…

– Pas de mais qui tienne ! Regarde ce monsieur à 3 mètres devant par exemple. Tu imagines ce que ça ferait de lever le revolver vers sa nuque… A 190 centimètres du sol… D’appuyer sur la gâchette… De voir la balle partir dans un éclair de feu ? Pour les autres, surtout pour lui, ça ne durera qu’une fraction de secondes. Il n’aura même pas le temps de se rendre compte. Pourtant je te parie ce que tu veux que ce sera comme au ralenti : l’éclair de feu et de poudre, la petite boule de plomb qui sort, exerce une pression sur la peau et brise les os de la nuque. Sous la pression de la balle, la peau se tend, dans le vide de l’os fracassé elle s’étire… Puis, manquant d’appui, sous la pression continue, elle se déchire.

Scene-de-crime-3b-web

Vu la distance, la balle ne se contentera pas de se loger dans le blanc de la cervelle. Comme un couteau s’enfonce dans le beurre, elle se creusera facilement un chemin jusqu’à l’avant du crâne. Et avant que le sang ne puisse affluer et teinter le cerveau de rouge, elle aura atteint l’os du front, fracassé ce dernier et déchiqueté la peau à l’avant. Dans sa force elle produira un effet encore plus intéressant…

– Lequel ?

– Pas besoin de m’interrompre, vu que je vais te le dire ! Commençons par une image. As-tu déjà remarqué comment les feuilles des arbres plient quand passe une voiture à pleine vitesse ?

– Oui… La voiture passe d’abord et les feuilles se plient après, comme si elles avaient été surprises !

– Exactement ! Ainsi fera la cervelle de notre homme… elle laissera la balle filer à toute vitesse puis elle giclera sur tout ce qui se trouve à un mètre au moins. Et alors là… le regard hagard, l’homme s’écroulera sans vie. Et alors… Attends, il va s’en tirer, c’est le moment, vite le revolver !

– Noooon, attends, ton crime ne sera pas parfait !

– Arrête, tu me fais perdre du temps, il va filer arrête, non de…

– Mais non, tu ne peux pas, tu as une raison !

– Arrête d’inventer des sottises ! Ce mec je ne le connais même pas.

Je sors le revolver et je vise !

– Pas besoin de le connaître : commettre le seul crime sans raison, est une raison suffisante de le commettre. De ce fait tu en as une et ta théorie tombe à l’eau…

Je me calme.

– Putain, tu as raison… pffff !!

Je range le revolver. L’homme est loin. L’adrénaline retombe. Je suis dépité.

– La prochaine fois, je sais qui je tuerai en premier.

– Ha, et qui ce sera ?

– Toi, pour ne plus t’entendre et faire enfin ce que je veux !

– Je vois ça… Mais tu ne peux pas.

– Pourquoi je ne pourrais pas ?

– Ben parce que je suis ta conscience, je suis toi.

– Hum… t’as encore raison… malheureusement…

13 Mai 2013

Crédit photo 1

Crédit photo 2

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